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Irrégularités autour du vote : le FCC de Kabila dézingue le régime Tshisekedi

Les irrégularités dans l’organisation des opérations de vote du mercredi 20 décembre sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo (RDC) continuent toujours à susciter un tollé général. Après les réactions de plusieurs personnalités politiques qui ont amèrement contesté ce scrutin, c’est maintenant le tour de la famille politique de l’ancien président Joseph Kabila de réagir. 

Le mercredi 20 décembre, le Front Commun pour le Congo (FCC) a, à travers un communiqué rendu public, dit avoir noté de nombreux incidents violents et désordres graves dans plusieurs centres de vote qui, selon eux, ont été rendus possibles par le pouvoir en place et la CENI. 

Au moment où, conformément aux prescrits de la loi, la CENI devrait avoir clos les opérations de vote prévues pour ce jour, le Front Commun pour le Congo, (FCC), famille politique de Joseph Kabila Kabange s’en prend au régime Tshisekedi et à la CENI.

1. Fort de son expérience, accumulée au terme d’un référendum et de trois cycles électoraux réussis, et prenant à témoin l’opinion tant nationale qu’internationale, le FCC a, à plusieurs reprises, tiré la sonnette d’alarme sur le risque, que faisait courir à la Nation, un processus électoral enclenché et conduit en violation de la Constitution, de la Loi Organique relative à la Commission électorale nationale indépendante et de la loi électorale.

2. Faisant la sourde oreille, le Président de la République, et une Commission électorale qui n’a jamais si peu mérité les qualificatifs de nationale et d’indépendance, n’en ont tenu aucun compte.

Comme par défi, envers et contre tous les conseils avisés d’ordre politique, technique, sécuritaire et logistique, ils sont allés jusqu’au bout avec un processus électoral qui, de l’avis de tous les observateurs objectifs, n’était en rien transparent ou démocratique et qui donc ne pouvait déboucher sur des élections crédibles, moins encore apaisées.

3. Force est de constater ce soir que les craintes maintes fois exprimées par le FCC, et dédaigneusement ignorées par les tenants du pouvoir, ont été largement dépassées par la réalité. Plus qu’à une parodie d’élections, destinée à conférer un semblant de crédibilité à des faux résultats préétablis, c’est à un véritable naufrage du processus électoral maintes fois décrié par le FCC qu’on a assisté ce jour. Avec en primes, l’opprobre et une honte sans nom pour notre pays.

4. Grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, le monde entier a en effet pu suivre en direct le déroulement chaotique de cette journée électorale du 20 décembre 2023 en République Démocratique du Congo, marquée, entre autres, par les faits saillants suivants:

4.1. Bien plus que la moitié des bureaux de vote n’ont pas été ouverts;

4.2. Plus des deux tiers des bureaux de vote ouverts ont connu des problèmes de dysfonctionnement des machines et autres équipements de vote;

4.3. Plusieurs bureaux fictifs, gérés loin des sites électoraux par des candidats de l’Union Sacrée, famille politique du Président de la République, ont été identifiés;

4.4. Plusieurs machines à voter et bulletins de vote ont été trouvés entre les mains des particuliers, tous membres, voire candidats de l’Union Sacrée:

4.5. Les listes électorales n’ont pas été affichées devant la plupart des bureaux de vote, comme l’exige la loi, mettant ainsi beaucoup d’électeurs dans l’incapacité de trouver leur nom sur lesdites listes, d’identifier leur centre et bureau de vote et partant, d’exercer leur droit constitutionnel de choisir le dirigeant ou représentant qu’ils veulent pour eux-mêmes et pour le pays;

4.6. Des incidents violents et désordres graves ont été enregistrés dans plusieurs centres de vote, rendant impossible le vote.

5. Au regard de ce qui précède, le Front Commun pour le Congo, FCC en sigle:

5.1. Dénonce le jusqu’au-boutisme machiavélique du pouvoir en place qui mène le pays au chaos, ouvre la voie à une crise aux conséquences incalculables et tend à réduire à néant les avancées engrangées, depuis 2001, sur le terrain de la construction d’un État républicain, économiquement fort et socialement solidaire.

5.2. Tient le Président de la République, qui est constitutionnellement garant du bon fonctionnement des institutions, pour seul responsable de ce chaos électoral, voulu et organisé par lui et ses obligés de la CENI;

5.3. Déplore l’attitude de la communauté internationale, partenaires bilatéraux et multilatéraux confondus, qui est bizarrement devenue aveugle et aphone depuis l’alternance au sommet de l’État dans notre pays en 2019 et qui, au regard des valeurs et principes dont elle se réclame, s’est montrée complaisante à l’égard d’un pouvoir dont la nature dictatoriale est plus qu’évidente et dont la gouvernance politique, économique, sociale et sécuritaire constitue une menace pour la paix et la stabilité du pays.

5.4. Invite la population congolaise à se prendre en charge et, en application des dispositions pertinentes de la Constitution, à se mobiliser, comme un seul homme, pour mettre fin à ce régime dictatorial qui, usant et abusant de la puissance publique, gère le pays en violation de la Constitution et des lois de la République;

5.5. Appelle tous ses cadres et militants à se tenir prêts pour les actions qui vont être décrétées, dans le cadre de cette mobilisation générale, en vue de créer les conditions du retour à l’ordre constitutionnel aujourd’hui violé, et de rendre le pouvoir au peuple, Souverain primaire, à travers des élections réellement inclusives, libres et transparentes. », peut-on lire dans ce communiqué.

Felly Luyindadio

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